Rédigé par Jérôme MORDELET, Directeur Système d’Information
Paru dans le Gesec Magazine n°252 – Hiver 2020


Et si vos collaborateurs pouvaient créer eux-mêmes le logiciel qui répond aux problématiques de leur quotidien ? C’est la proposition des applications no-code/low-code qui permettent aux utilisateurs de couvrir une partie de leurs besoins les plus simples de manière autonome.

Les effets de la crise sanitaire qui se prolonge obligent de nombreuses entreprises à se réorganiser. Cette situation inédite fait apparaître de nouveaux besoins auxquels les outils numériques du marché ne répondent pas parfaitement. Que faire dans cette situation ? Espérer que les éditeurs de logiciels proposent rapidement des solutions adaptées ? Le risque est de devoir attendre longtemps… Entre le moment où les éditeurs perçoivent un besoin, s’assurent qu’il correspond à un maximum de clients, développent une solution, la testent et la mettent sur le marché, il peut s’écouler de nombreux mois. Dans ces conditions, peut-être vaut-il mieux compter sur ses propres forces.

Historiquement, en entreprise, le « couteau suisse », c’est Excel. Le tableur de Microsoft permet de faire des listes, des calculs, des mises en forme automatiques, des états, des graphiques et bien d’autres choses encore… Bien qu’elle soit très puissante, cette application montre ses limites en mode collaboratif (vue commune, gestion des droits, etc.) et en mobilité (format peu adapté). C’est à partir de ce constat que des éditeurs ont développé des alternatives pour concevoir des outils numériques de façon simple et rapide : c’est ce qu’on appelle le « no-code » ou le « low-code ».

No-code, low-code, de quoi parle-t-on ?

Ces termes désignent une nouvelle génération d’outils qui permettent de créer de véritables applications ou d’automatiser des processus sans avoir à saisir de lignes de code, ou très peu. Ils sont accessibles via des plateformes proposant des modules adaptés à vos besoins.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le site quels-outils-nocode.fr/ qui recense les outils no-code par type de besoin.

Comment faire bon usage du no-code ? Ne comptez pas sur cette approche pour remplacer votre ERP ! L’objectif est plutôt de compléter votre boîte à outils afin de répondre à des besoins de niche, des problématiques précises et spécifiques à votre entreprise, ou simplement d’expérimenter avant d’investir dans le développement d’une application plus complète. Voici trois cas de figure où le no-code se révèle particulièrement utile.

Recueillir des données formatées à la source

Bien connus, les formulaires permettent de recueillir toutes sortes de données, au format souhaité, et de les centraliser dans une base. Principal intérêt de ces outils : vous pouvez automatiser certaines actions, telles que le transfert des données à leur arrivée vers votre ERP.
Outils : Jotform, Google Forms, Microsoft Forms, Typeform

JotForm : Et si vous faisiez travailler vos prospects ?
Facilement intégrable à votre site web, cet outil vous permet de créer des formulaires complexes et de capitaliser les données recueillies.
Les + : Peut apporter de la valeur à vos prospects ou clients (simulateur, demande de devis, calcul d’aide…) et vous permettre de recueillir des informations en amont de vos rendez-vous.

Collaborer autour de données communes


À mi-chemin entre tableur et base de données, certaines plateformes permettent de travailler à plusieurs à partir de données structurées et de formats hétérogènes (textes, images, documents…), tout en proposant à chacun l’interface la plus adaptée. Utile pour la gestion de projet, l’inventaire, le suivi de réservations ou la gestion de fichiers d’adresses…
Outils : Monday, Airtable, SmartSheet ou Notion.

Airtable : Excel sous stéroïdes
Cet outil de gestion de données séduit par sa facilité d’appropriation. Si vous savez remplir un tableau Excel, vous n’aurez aucun mal à vous familiariser avec Airtable.
La plateforme vous permet de constituer une vraie base de données relationnelle, donc d’éviter les doubles saisies, et vous offre de nombreuses vues (formulaire de saisie, kanban, calendrier, galerie…) adaptées au travail en commun.
Les + : Nombreuses règles d’automatisation et de connecteurs permettant de déclencher des actions (notifications, modifications, envoi de mail, exports…) en fonction des données saisies.

Créer une application mobile

Paiement en ligne, réservation de matériel, suivi d’heures, déclaration d’incident, guide de premiers rendez-vous… Les cas d’usages en mobilité sont nombreux. Plusieurs plateformes vous permettent de créer des applications pour smartphones. Une piste sérieuse si vous voulez répondre aux besoins de vos collaborateurs de terrain.
Outils : Glide, Adalo, Thunktable.

Microsoft Power Platform : Le tout intégré de Microsoft
Votre abonnement Microsoft 365 (anciennement Office 365) vous donne accès à plusieurs outils de no-code bien utiles : Power Apps, pour créer des applications, Power Automate, pour automatiser des actions, et Power BI, pour exploiter les données générées.
Les + : Directement connectés à votre environnement Microsoft, ces outils vous permettent d’automatiser facilement certaines tâches (exemple : si un document est ajouté dans un dossier, le copier dans un autre, ajouter une ligne dans un fichier Excel et envoyer un mail) et de développer des applications internes, utilisables sur ordinateur, mobile ou directement intégrées dans Teams.


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