Rédigé par Louis Lauliac, Responsable Technique
Paru dans le Gesec Magazine n°254 – Été 2021

Applicable au 1er janvier 2022, la nouvelle réglementation environnementale va impacter nos métiers, en termes d’équipements à installer mais aussi d’exigences à respecter. Décryptage des principales mesures concernant les lots CVC et électricité.

La réglementation environnementale RE2020 va s’appliquer aux permis de construire des bâtiments d’habitation déposés à partir du 1er janvier Très axée sur le changement climatique, cette réglementation vise à marginaliser les combustibles fossiles dans le neuf, un peu comme la RT2012 a pu le faire pour l’effet Joule. Pour l’installateur, cela implique moins de chaudières au fioul ou au gaz et plus de chaudières à granulés et de pompes à chaleur.

Comme en RT2012, l’installateur ne sera pas en général le prescripteur des choix techniques, n’ayant pas la maitrise globale du respect des exigences énergétiques et environnementales du bâtiment. S‘il souhaite changer un équipement retenu dans les calculs réglementaires, il devra prendre garde désormais à l’empreinte carbone du produit de substitution. Il devra
aussi connaitre et mettre en œuvre les exigences de moyens de cette réglementation, applicables comme des règles de l’art même sans mention explicite dans les documents du marché.

Lots CVC et électricité, les exigences à prendre en compte

En matière de CVC et d’électricité, la RE2020 reprend pour l’essentiel les obligations de la RT2012. Voici, point par point, les règles qu’il faudra respecter désormais.

  • Étanchéité à l’air.
    La perméabilité à l’air du bâtiment doit rester inférieure à 0,6 m³/h/m² en maison individuelle et à 1 m³/h/m² en habitat collectif.
  • Équilibrage des colonnes.
    Les réseaux collectifs de chauffage central ou d’eau glacée doivent être équipés d’organes d’équilibrage en pieds de colonnes, et leurs pompes doivent pouvoir être mises à l’arrêt.
  • Régulation.
    Un local chauffé ou refroidi doit comporter un ou plusieurs dispositifs d’arrêt manuel et de régulation automatique en fonction de la température intérieure. Ce dispositif peut être commun à des locaux d’une surface totale maximale de 100 m² dans le cas d’un système de plancher chauffant ou rafraichissant, d’un système de chauffage par un appareil indépendant à bois ou par air insufflé ou de rafraichissement par débit d’air variable régulé sans augmentation de la perte de charge.
  • Automatisme.
    Les automatismes doivent être temporisés ou programmés de manière à arrêter automatiquement toute consommation non nécessaire, le gestionnaire du bâtiment devant pouvoir les adapter aux évolutions des conditions d’occupation. Tout éclairage artificiel automatique doit être conditionné à une action manuelle de l’occupant dans le voisinage du local concerné au cours des six heures précédentes.
  • Éclairage des parties communes.
    Les installations d’éclairage des parties communes, circulations et parcs de stationnement doivent comporter par local un dispositif automatique d’extinction ou d’abaissement au minimum réglementaire en cas d’inoccupation ou dès que l’éclairement naturel est suffisant.
  • Accès aux consommations. Des moyens de mesure ou d’estimation de la consommation d’énergie doivent permettre d’informer les occupants du logement de la consommation pour le chauffage, pour le refroidissement, pour l’eau chaude sanitaire, pour l’alimentation des prises électriques ainsi que pour les autres usages.
  • Zone climatisée.
    La zone refroidie doit être isolée par des portes d’accès équipées de ferme-porte.
  • Traitement d’air.
    L’air ne doit pas être chauffé puis refroidi, ou vice versa, par des moyens consommateurs d’énergie, sauf si ce chauffage est issu de récupération sur la production de froid.

La vérification de la ventilation (nouveau)

Fait nouveau pour l’installateur, les systèmes de ventilation
des bâtiments d’habitation devront être vérifiés et
leurs performances mesurées par un opérateur compétent.

  • Le contrôle concerne tout ce qui contribue à l’arrivée ou au soufflage d’air neuf, à la circulation de l’air, à l’extraction et au rejet de l’air vicié.
  • La vérification sera réalisée selon un protocole officiel après achèvement de tous les travaux pouvant impacter la ventilation.
  • Les opérateurs de l’entreprise titulaire du lot ventilation pourront être reconnus compétents à condition de détenir une qualification professionnelle adéquate délivrée par un organisme agréé. L’opérateur devra notamment avoir suivi et validé une formation spécifique.

Climatisation + photovoltaïque : un duo gagnant dans le Sud ?

  • En climat méditerranéen, où le confort d’été est difficile à préserver en période de canicule, il sera pertinent d’envisager une production photovoltaïque pour compenser la surconsommation due à la climatisation. Les besoins de climatisation sont en phase avec le rayonnement solaire et donc avec la production photovoltaïque, ce qui permet d’optimiser l’autoconsommation.
  • Reste à savoir si le moteur de calcul soustraira bien in fine la production photovoltaïque des 5 usages réglementaires ou s’il l’affectera d’abord aux usages spécifiques (électroménager…), auquel cas il faudrait recourir à une approbation « Titre V » du calcul de performance du système de climatisation photovoltaïque.
  • Attention également à l’empreinte carbone des panneaux chinois fabriqués à partir d’électricité de centrales à charbon.
  • Pour ne pas pénaliser l’impact climatique du bâtiment, on pourra privilégier les fondeurs de silicium utilisant de l’électricité française, peu carbonée.

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