Portrait

Didier Thonnet & Valentin Masson : l’union fait la force

Rédigé par Romain Charbonnier,

Paru dans Gesec Magazine 273 Printemps 2026

Portrait Didier Thonnet Valentin Masson dirigeants entreprise chauffage climatisation CROZE

Didier Thonnet & Valentin Masson, co-gérants de Croze, à Brives-Charensac

De la plomberie au photovoltaïque, l’entreprise Croze est capable de couvrir tous types de chantiers. Profondément attachés à leur territoire, la Haute-Loire, Didier Thonnet et Valentin Masson en assurent la gestion.

Deux profils mais une complémentarité évidente

Un tandem harmonieux qui place la dimension humaine au cœur de son fonctionnement, tant auprès des collaborateurs que dans la coopération avec des confrères locaux, lorsqu’il s’agit de relever des chantiers ambitieux. Une approche à la fois stratégique, mais surtout intelligente.

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Didier Thonnet (à gauche) et Valentin Masson (à droite)

Ce ne sont pas les 15 ans d’écart qui les séparent qui changent quelque chose, bien au contraire. Didier Thonnet et Valentin Masson ont trouvé leur rythme et leur complémentarité dans la gestion de l’entreprise Croze.

À 51 ans, le premier apporte l’expérience de trente années de maison. « Je suis sorti de l’armée, les fils Croze m’ont embauché, c’est le seul entretien professionnel de ma vie que j’ai passé », sourit Didier Thonnet, en se remémorant ses débuts. Entré comme technicien d’études puis chargé d’affaires, il est devenu co-gérant en 2010 puis rachète l’entreprise quatre ans plus tard.

Le second, Valentin Masson, est un natif de la Haute-Loire. À bientôt 37 ans, cela fait presque trois ans qu’il a rejoint l’entreprise comme associé après une longue expérience de près de 16 ans chez Richardson. « En plus de son professionnalisme, un lien s’est installé petit à petit et je lui ai présenté cette opportunité », se rappelle Didier.

Anticiper demain dès aujourd’hui

C’était un mardi soir, et comme chaque semaine, les deux hommes font un point sur leurs affaires. À l’époque, la PME réalise certaines années près d’un million d’euros d’achats auprès de ce partenaire du Gesec, chez qui Valentin Masson travaille. « En juillet 2023, il m’en parle, deux mois plus tard, je lui disais oui. C’était le bon âge pour franchir le pas », se souvient Valentin.

« Du jour au lendemain, cette nouvelle fonction m’a changé du tout au tout, en particulier sur la notion de gestion d’une entreprise. Je ne connais d’ailleurs pas encore tous les rouages », confie-t-il.

Croze en quelques dates

1925 : Création de l’entreprise par Eugène Croze.

1956 : Reprise par Gaston Croze.

1987 : Les enfants, Jean-Luc et Alain Croze, deviennent co-gérants.

1999 : Didier Thonnet entre dans l’entreprise comme technicien d’études puis chargé d’affaires.

2010 : Il devient le 3e co-gérant

2014 : Après le départ en retraite des frères Croze, il rachète la PME.

2023 : Après 16 ans chez Richardson, Valentin Masson arrive dans l’entreprise comme associé.

2025 : Entre 5 et 6 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Après une première expérience avec un autre associé, Didier Thonnet est désormais serein à piloter l’entreprise centenaire ainsi, comme l’étaient leurs prédécesseurs. « J’ai toujours eu en tête ce schéma, car je ne m’imagine pas être seul aux manettes. Pouvoir partager et échanger est important. »

L’objectif étant aussi de préparer la transmission de l’entreprise. Une dimension qui a compté dans sa réflexion et qui a conduit au choix d’organiser la gouvernance en duo. Sa caractéristique : tous les deux conservent la fonction de chargé d’affaires. Ils sont cinq à l’être dans l’entreprise. « Si nous nous concentrions uniquement sur la direction, nous devrions embaucher un à trois chargés d’affaires supplémentaires », justifie Didier Thonnet.

Une façon également de garder un pied sur le terrain, au contact d’un territoire qu’ils affectionnent.

Une PME capable de tout faire

Ensemble, ils dirigent une belle PME de 47 salariés qui réalise, selon les années, entre 5 et 6 millions d’euros de chiffre d’affaires. Elle est installée à Brives-Charensac, une commune de Haute-Loire, jouxtant la ville préfecture du Puy-en-Velay.

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Les locaux de l’entreprise Croze, à Brives-Charensac

Un environnement montagneux auquel ils sont fiers d’appartenir, mais qui, par sa situation géographique et sa taille relativement modeste, oblige l’entreprise à « tout faire » et à s’adresser aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels.

« Les affaires sur le département sont assez limitées, si bien qu’il a fallu développer une offre de services complète dans le but d’assurer du travail toute l’année. Une seule activité ne suffirait pas à payer les salaires », précise Didier Thonnet.

C’est comme cela que Croze s’est diversifiée et a intégré au fil des années les nouvelles demandes : climatisation, électricité, installations de chauffage au bois, de recharge pour véhicules électriques, de solutions photovoltaïques. « Nous sommes formés pour. »

Elle dispose ainsi de qualifications spécifiques pour garantir l’exécution et le parfait achèvement des travaux : Qualibat, QualiPV, Qualifelec IRVE, attestation de capacité fluides frigorigènes, etc.

Croze est la plus importante entreprise de CVC du département

Didier Thonnet

Co-gérant Croze

L’entreprise peut tout entreprendre : travaux de chauffage au gaz pour un ensemble de bureaux et de logements ; ventilation simple et double flux pour des logements en construction neuve ; remplacement d’équipements de production de chaleur et d’eau chaude sanitaire fonctionnant au gaz dans 140 logements pour ALLIADE HABITAT ; création d’une sous-station de 350 kW pour un EHPAD psychiatrique ; traitement d’air double flux et hygiénique pour le centre hospitalier du Puy-en-Velay ; alimentation en gaz pour la chaufferie d’une champignonnière ; installation de deux chaudières au gaz pour l’Hôtel-Dieu du Puy-en-Velay.

« Actuellement, une équipe travaille sur le très gros chantier de la rénovation du village vacances des Estables (station de moyenne montagne, NDLR) et installe une chaudière bois de 800 kW », illustre également Didier Thonnet.

La coopération comme levier de croissance

En étant éloignée des métropoles comme Saint-Étienne, Lyon et Clermont-Ferrand (à plus d’une heure de route), Croze se doit généralement de répondre à la majorité des demandes ou appels d’offres, en faisant le choix parfois des’associer avec des confrères altiligériens. L’objectif est commun : renforcer le poids de la candidature et maximiser les chances de la remporter.

« Récemment, nous l’avons fait avec l’entreprise GIGNAC pour la rénovation d’un lycée à Brioude. » Comment l’affaire est-elle partagée ? « On coupe le chantier en deux, au joint de dilatation, plaisante Didier Thonnet. Plus sérieusement, dans ce cas de figure, l’un se consacre à la partie chauffage, l’autre à la plomberie. »

Un réseau qui fait la différence

Consœurs et concurrentes à la fois : cet esprit de coopération domine et favorise le lien local, en particulier avec une entreprise : GIGNAC justement, autre adhérente du Gesec de la Haute-Loire, située à Langeac. C’est par l’intermédiaire de son dirigeant à l’époque que Croze a d’ailleurs rejoint, il y a plus de 35 ans, le groupement.

Ce lien est très fort et j’aimerais davantage le renforcer

Didier Thonnet

Co-gérant CROZE

« Ce dernier en avait parlé aux frères Croze qui ont fait le choix de s’y engager à leur tour », explique Didier Thonnet. Il se reconnaît lui aussi dans les valeurs du réseau, ses équipes utilisant régulièrement les services juridiques, RH et techniques. « Ce lien est très fort et j’aimerais davantage le renforcer », admet-il.

Le gymnase de Puy-en-Velay, un chantier unique

Autre exemple : le gymnase du Puy-en-Velay, pour lequel Croze, face à l’ampleur du dossier, s’est associée à une autre entreprise locale. Les dirigeants se connaissent bien, car ils sont du territoire.

Construit en seulement quelques mois, le nouveau gymnase de Guitard, au Puy-en-Velay, a ouvert ses portes aux sportifs le 16 mars.

Un complexe de 4 500 m² permettant la pratique de nombreux sports, tels que l’escalade, le volley, l’escrime, les arts martiaux, la danse et bien d’autres. Un chantier d’envergure, autant par sa taille que par le délai de réalisation particulièrement court ainsi que par l’exigence technique.

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Il a nécessité de relever le challenge d’installer un réseau aéraulique conforme aux exigences de la RE2020. « Pour répondre à l’appel d’offres, nous nous sommes associés à une autre entreprise afin de mutualiser nos moyens », précise Didier Thonnet.

Avec un volume d’affaires avoisinant 1,5 million d’euros, il aura mobilisé dès le mois de mai quatre compagnons puis jusqu’à dix en fin d’année dernière.

Le gymnase figure parmi les chantiers les plus importants réalisés par l’entreprise Croze ces dernières années.

Fidéliser plutôt que recruter sans cesse

Un lien que Valentin Masson et Didier Thonnet cultivent aussi de près avec leurs collaborateurs, dont une grande majorité travaille dans l’entreprise depuis plusieurs années.

Nous avons un noyau d’une vingtaine de personnes que nous avons formées et qui sont toujours présentes

Valentin Masson

Co-gérant Croze

La PME intègre de jeunes et nouvelles énergies, à l’image de Léna, qui assure l’accueil et gère les appels pour les dépannages. Croze mise ainsi sur leur montée en compétences. « Il y a deux ans, elle a rejoint notre équipe. Grâce à quelques mois d’accompagnement, elle a acquis une parfaite maîtrise des aspects techniques de nos métiers », explique Didier Thonnet.

Le même esprit prévaut pour les apprentis, nombreux à entrer dans l’entreprise et à y rester. « Nous avons un noyau d’une vingtaine de personnes que nous avons formées et qui sont toujours présentes, certains ayant gravi les échelons », souligne Valentin Masson. Actuellement, sept apprentis sont en formation. « Chez nous, ils ont la chance de découvrir tous les aspects des métiers », complète-t-il.

Une démarche RSE ancrée dans le concret

Cette politique de formation s’inscrit pleinement dans la démarche RSE de l’entreprise. Elle se traduit également par un enracinement solide : recrutement d’emplois locaux, partenariats avec les CFA de Haute-Loire et soutien à des associations sportives et culturelles.

Elle s’ajoute à la dimension sociétale et environnementale avec des initiatives visant à rendre les chantiers plus propres, à lutter contre le gaspillage, à trier et revaloriser les déchets, et à réduire l’empreinte écologique globale de l’entreprise.

Nos métiers deviennent plus exigeants sur le plan technique et des qualifications

Didier Thonnet

Co-gérant CROZE

Ces engagements permettent, entre autres, de fidéliser les salariés. Croze connaît ainsi peu de turnover et veille à maintenir un effectif d’une quarantaine de CDI pour préserver sa taille humaine. En cas de nécessité, selon le volume de chantiers, « nous faisons appel à de la sous-traitance, précise Didier Thonnet. C’est aussi ce qui nous sécurise. En revanche, de moins en moins à de l’intérim, car nos métiers deviennent plus exigeants sur le plan technique et des qualifications ».

Grandir sans se précipiter

Aujourd’hui, les deux co-gérants de Croze continuent de tracer leur chemin, fidèles à leurs valeurs et à leur ancrage. Grâce à un carnet de commandes bien rempli, ils bénéficient d’une visibilité sur plusieurs mois et privilégient un développement raisonné plutôt qu’une volonté d’augmenter leur chiffre d’affaires à tout prix.

Cela ne les empêche pas de préparer l’avenir et d’accélérer certains développements, notamment en voulant mettre l’accent sur la maintenance ou encore sur le volet de la communication afin de donner une nouvelle dynamique à l’image de leur entreprise, fondée en 1925.

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