Pour ce nouveau numéro de ProFil, nous sommes remontés vers le Nord de la France, plus exactement à Ambleny pour découvrir l’entreprise Mauprivez actuellement dirigée par Frédéric Mauprivez, Directeur Général de l’entreprise, qui travaille étroitement entouré de sa famille dans l’entreprise créée en 1964
Entretien avec Aude Goblet
Après réflexion, je pense que nous devons beaucoup à notre “statut” d’artisan. Depuis la création de l’entreprise, nous avons toujours mis l’accent sur le relationnel client et sur le service. Je pense que c’est cet état d’esprit, plus qu’une véritable stratégie, qui nous a permis de cultiver une clientèle très fidèle. Nos clients ayant des attentes, il fallait nous adapter pour satisfaire la demande. De petits travaux d’électricité ponctuels, nous en avons fait une activité à part entière. De même pour la piscine. Nous avons fait nos premières armes comme sous-traitant pour Les Piscinistes et finalement, nous traitons maintenant ces chantiers en direct.
J’ai une formation d’électricien et j’ai démarré chez Mauprivez en faisant des câblages électriques de petites chaufferies et les dépannages. A l’époque, nous n’avions comme spécialité que le chauffage et le sanitaire mais, avec l’augmentation de la demande, nous avons fait de l’électricité une nouvelle activité de Mauprivez. Ensuite, j’ai suivi une formation de Jeune Dirigeant d’Entreprise, laquelle a été pour moi l’occasion de découvrir les autres facettes de l’entreprise avec la banque… et lorsque mon cousin nous a rejoints, je lui ai laissé la responsabilité de l’électricité et après le départ en retraite de mon père, je me suis orienté vers la partie chauffage puis le sanitaire.
Naturellement, et surtout l’activité grandissant, j’ai alors décidé de sectoriser l’entreprise avec des responsables par section.
En 1964, l’entreprise a été créée sous une égide familiale par mon père puis renforcée par mon frère, mon cousin, ma soeur et moi-même. Cependant ce caractère « d’entreprise familiale » ne peut, à mon avis, qu’exister dans les limites d’une activité d’artisan. Comme je vous l’expliquais, notre activité s’est énormément diversifiée et l’entreprise Mauprivez a aujourd’hui plus les caractéristiques d’une PME.
Avec la multiplicité de nos activités, nous sommes organisés en 5 secteurs avec un responsable pour chacun d’eux qui gère environ 5 à 7 personnes. Notre méthode de management est
plutôt basée sur la responsabilisation. En effet, le chef de secteur se charge de faire l’étude jusqu’à la signature du devis et de désigner le responsable du chantier mais ensuite, les compagnons sont autonomes dans leur activité : des rendez vous chantier à la conception technique en passant par la gestion de ses stocks et l’entretien de leur véhicule. Pour résumer, nos compagnons sont autant d’artisans réunis dans une même entreprise !
Objectivement, nous ne notons une baisse de l’activité que dans la rénovation électrique, que j’explique surtout par la chute dans les mouvements immobiliers. Hormis cela, nous avons la chance d’avoir un carnet de commande sur 4 mois, ce qui représente même presque le double de nos délais habituels.
Pourvu que cela dure…
Dès la convention du 16 janvier, nous avons été séduits par le projet présenté, j’étais d’ailleurs accompagné de proches collaborateurs et nous avons d’un commun accord signé le pacte de solidarité.
C’est seulement une fois que le projet a été plus abouti que nous avons organisé une formation d’une journée pour tous nos collaborateurs, en fin d’année 2008. Mon objectif était d’abord de sensibiliser nos équipes aux énergies nouvelles et aux nouvelles techniques mais surtout de les familiariser avec être terre. La partie théorique a été traitée pendant 2h puis j’avais demandé à Chantal Demattéis, Responsable Marketing, de venir présenter la marque et les outils mis en place par le Gesec. Enfin, nous avons fini la formation par des visites de réalisations (PAC, panneaux solaires, puits canadiens…) pour les techniciens d’une part mais aussi pour tous les collaborateurs plus “administratifs”, afin de rendre concret toutes ces technologies.
Après la climatisation, le chauffage… passer aux énergies renouvelables était pour nous une suite logique dans notre démarche écologique, validée en plus par être terre. Nos nouveaux locaux seront notre “vitrine” et nous allons mettre en place une activité photovoltaïque.
Au plan commercial, nous avons décidé d’intégrer complètement l’offre être terre dans la nouvelle plaquette de l’entreprise et nos divers supports papeteries seront également à l’effigie d’être terre.
Comme je vous l’expliquais, ma formation de Jeune Dirigeant d’Entreprise m’a permis d’introduire de nouvelles notions, notamment de ressources humaines, comme l’entretien annuel ou une grille de rémunération, dans le fonctionnement de l’entreprise. Ensuite, je n’ai pas réussi à trouver, au sein d’une même organisation, des groupes d’échanges qui envisagent à la fois le coté artisan de notre métier et celui de gestionnaire d’une vraie PME. C’est finalement un fournisseur, très proche du Gesec, qui m’a parlé du groupement et qui m’a conseillé de prendre contact !
Si j’ai mis en place l’intéressement au sein de l’entreprise, des enquêtes d’opinion internes ou des questionnaires de satisfaction clients, c’est grâce aux échanges que j’ai pu avoir avec les autres adhérents et aux questions abordées aux réunions. Je pense que nous devons absolument partager nos expériences avec nos collègues pour élargir notre champ de vision sur notre métier, d’une part, mais également sur la gestion d’une entreprise dans sa globalité et c’est ce que m’a permis le Gesec.